– Quels bruits? demanda le roi avec cette bonhomie qui le rendait si dangereux aux plus intimes.


– Comment! demanda Mayenne un peu déconcerté, Votre Majesté n'aurait rien ouï dire qui nous fût défavorable?


– Mon cousin, dit le roi, sachez, une fois pour toutes, que je ne souffrirais pas qu'on dit ici du mal de MM. de Guise; et comme on sait cela mieux que vous ne paraissez le savoir, on n'en dit pas, duc.


– Alors, sire, dit Mayenne, je ne regretterai pas d'être venu, puisque j'ai eu le bonheur de voir mon roi et de le trouver en pareilles dispositions; seulement, j'avouerai que ma précipitation aura été inutile.


– Oh! duc, Paris est une bonne ville d'où l'on a toujours quelque service à tirer, fit le roi.


– Oui, sire, mais nous avons nos affaires à Soissons.


– Lesquelles, duc?


– Celles de Votre Majesté, sire.


– C'est vrai, c'est vrai, Mayenne: continuez donc à les faire comme vous ayez commencé; je sais apprécier et reconnaître comme il faut la conduite de mes serviteurs.


Le duc se retira en souriant.


Le roi rentra dans sa chambre en se frottant les mains.


Loignac fît un signe à Ernauton qui dit un mot à son valet et se mit à suivre les quatre cavaliers.


Le valet courut à l'écurie, et Ernauton suivit à pied.


Il n'y avait pas de danger de perdre M. de Mayenne; l'indiscrétion de Perducas de Pincorney avait fait connaître l'arrivée à Paris d'un prince de la maison de Guise. À cette nouvelle, les bons ligueurs avaient commencé à sortir de leurs maisons et à éventer sa trace.


Mayenne n'était pas difficile à reconnaître à ses larges épaules, à sa taille arrondie et à sa barbe en écuelle, comme dit l'Étoile.


On l'avait donc suivi jusqu'aux portes du Louvre, et, là, les mêmes compagnons l'attendaient pour le reprendre à sa sortie et l'accompagner jusqu'aux portes de son hôtel.



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