Je remets le briquet dans ma poche. Alors ma main touche un objet insolite qui ne s’y trouvait pas cent vingt secondes auparavant.

Je le palpe curieusement avant de l’extraire de ma profonde. C’est de la dimension d’une grosse boîte d’allumettes et c’est assez lourd. Je le prends et l’approche de mes yeux. Il s’agit d’un petit appareil photographique.

Décidément, ça se corse (chef-lieu Ajaccio).

Les événements se précipitent. Il n’y a pas une heure que je suis arrivé à La Panne et, déjà, j’ai découvert un cadavre embroché et j’ai allumé la cigarette d’une souris qui a su glisser un appareil photo dans ma poche, sans que je m’en aperçoive !

Je crois que c’est ce second incident qui m’épate le plus. Rappelez-vous qu’il faut être drôlement fortiche pour batifoler, à mon insu, dans les fringues de San-Antonio.

CHAPITRE II

Je pense que cette plage m’a apporté suffisamment de surprises comme cela et je retourne dans la rue principale. Elle doit être coquette, cette artère, lorsque ce n’est pas la guerre. Les magasins sont frais et pimpants comme des costumes de mariés, il ne leur manque que des denrées et des lumières pour se montrer vraiment engageants.

J’avise la boutique d’un photographe et je pousse son bec de cane.

Le commerçant s’empresse. C’est un petit bonhomme frileux qui ne doit jamais quitter sa chambre noire.

Je lui demande combien de temps il lui faut pour développer un rouleau de pellicule. Il me répond que si je lui confie un travail de ce genre maintenant, je pourrai revenir le chercher demain matin.

Ça ne fait pas mon affaire. S’il y a en ce moment sous le ciel de Belgique un mec qui n’est pas sûr de son lendemain, c’est le gars que j’appelle Bibi dans l’intimité.

Je regarde ma montre.

— Voici ce que nous allons faire, dis-je, je vous laisse mon appareil et vous faites le boulot illico. Je vous paierai le tarif double, mais il me faut les photographies dans une heure au maximum.



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