
Il réfléchit encore un peu.
— Ahem. Bon, je pense que c’est tout ce qu’il y a comme nouvelles, pour le moment.
Il souleva le Truc et le rangea dans sa petite niche.
Il se demanda s’il devait aborder le sujet de sa dispute avec Grimma. Mais c’était… bon… un sujet personnel.
Tout ça venait de ces livres. Il n’aurait jamais dû la laisser apprendre à lire, se farcir la tête de choses qu’elle n’avait aucun besoin de savoir Gurder avait raison, la cervelle des femmes avait bel et bien tendance à s’échauffer. Celle de Grimma semblait en ébullition permanente, ces temps-ci.
Il était allé lui demander : Bon, maintenant que la situation est plus ou moins rentrée dans l’ordre, il serait temps de se marier, comme le font les gnomes du Grand Magasin, avec l’Abbé qui marmonne quelques mots, et tout le tralala.
Et elle avait répondu qu’elle n’avait pas pris de décision.
Alors, il avait rétorqué que ça ne fonctionnait pas comme ça. Quand on vous disait que vous alliez vous marier, vous vous mariiez, c’était comme ça qu’on faisait.
Et elle avait déclaré : Plus maintenant.
Il était allé se plaindre auprès de Mémé Morkie. De sa part, il se serait attendu à un soutien. Elle était très respectueuse des traditions, Mémé. Il lui avait dit : Mémé, y a Grimma qui veut pas faire ce que je lui dis de faire.
Et Mémé avait répondu : Elle a bien raison. Si j’y avais pensé, moi non plus j’aurais pas fait ce qu’on me disait de faire, quand j’étais gamine.
Alors, il était allé se plaindre auprès de Gurder qui l’avait rassuré : Oui, c’est très mal, les filles doivent faire ce qu’on leur dit de faire. Et Masklinn lui avait dit : Ah, très bien, allez, vas-y, dis-lui. Et Gurder avait dit : Euh, ben, elle a un sacré caractère, il vaudrait peut-être mieux laisser tout cela décanter un peu, et puis c’est vrai, finalement, que les temps changent…
