Duffe s'était montré, dès le commencement de son règne, très-occupé de protéger le peuple contre les malfaiteurs et «personnes oisives qui ne voulaient vivre que sur les biens des autres.» Il en fit exécuter plusieurs, força les autres à se retirer en Irlande ou bien à apprendre quelque métier pour vivre. Bien qu'ils ne tinssent, à ce qu'il paraît, à la haute noblesse d'Écosse que par des degrés assez «éloignés, les nobles, dit la chronique, furent très-offensés de cette extrême rigueur, regardant comme un déshonneur, pour des gens descendus de noble parentage, d'être contraints de gagner leur vie par le travail de leurs mains, ce qui n'appartient qu'aux hommes de la glèbe et autres de la basse classe, nés pour travailler à nourrir la noblesse et pour obéir à ses ordres.» Le roi fut, en conséquence, regardé par eux comme ennemi des nobles et indigne de les gouverner, étant, disaient-ils, uniquement dévoué aux intérêts du peuple et du clergé, qui faisaient, en ce temps, cause commune contre l'oppression des grands seigneurs. Le mécontentement s'accroissant tous les jours, il s'éleva plusieurs révoltes, dans l'une desquelles entrèrent quelques jeunes gentilshommes, parents de Donwald, lieutenant pour le roi du château de Fores. Ces jeunes gens furent pris, et Donwald, qui jusqu'alors avait servi fidèlement et utilement le roi, se flatta d'obtenir leur grâce; mais n'ayant pu y parvenir, il en conçut un violent ressentiment. Sa femme, que des causes pareilles irritaient contre le roi, n'épargna rien pour l'aigrir et lui fit comprendre combien il lui serait facile de se venger lorsque Duffe viendrait, comme cela lui arrivait souvent, loger à Fores, sans autre garde que la garnison du château, qui était entièrement à leur dévotion, et elle lui en indiqua tous les moyens.



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