Et il transforma ses trois sœurs en blocs de pierre, afinque tous ceux qui passeraient par là comprennent que le bonheur de l’un nesignifie pas la tristesse des autres.

 

LE JOURNALISTE WagnerCarelli alla interviewer l’écrivain argentin Jorge Luis Borges.

L’entretien terminé, ils parlèrent du langage qui existeau-delà des mots et de l’immense capacité que possède l’être humain decomprendre son prochain.

« Je vais vous donner un exemple », dit Borges.

Et il se mit à s’exprimer dans une langue étrange. A la fin,il demanda au journaliste ce qu’il venait de réciter.

Avant même que Carelli ait eu le temps de répondre, lephotographe qui l’accompagnait s’écria :

« C’est la prière du Notre Père.

— C’est exact, dit Borges, je la disais enfinnois. »

 

UN DOMPTEUR DECIRQUE parvient à dresser un éléphant en recourant à une technique trèssimple : alors que l’animal est encore jeune, il lui attache une patte àun tronc d’arbre très solide. Malgré tous ses efforts, l’éléphanteau n’arrivepas à se libérer. Peu à peu, il s’habitue à l’idée que le tronc est plus fortque lui. Une fois qu’il est devenu un adulte doté d’une force colossale, ilsuffît de lui passer une corde au pied et de l’attacher à un jeune arbre. Il necherchera même pas à se libérer.

Comme ceux des éléphants, nos pieds sont entravés par desliens fragiles. Mais, comme nous avons été accoutumés dès l’enfance à lapuissance du tronc d’arbre, nous n’osons pas lutter.

Sans savoir qu’il nous suffirait d’un geste de courage pourdécouvrir toute notre liberté.

 

IL N’AVANCE ARIEN de demander des explications sur Dieu ; vous pouvez entendre de trèsbelles paroles, au fond ce sont des mots vides. De même, vous pouvez lire uneencyclopédie entière sur l’amour et ne pas savoir ce qu’est aimer. Le maîtredit :



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