Mais elle avait encore de la fièvre. Sachant qu’il n’y a pas de meilleur remède pour les malades qu’un bon bouillon de poule, le fermier tua la poule.

La femme commença à se rétablir, et comme les fermiers étaient tous deux très aimés dans la région, les voisins vinrent leur rendre visite. Pour les remercier de leur gentillesse, le fermier tua le porc, qu’il servit à ses amis.

Enfin, la femme se rétablit, mais le prix du traitement était très élevé. Le fermier envoya sa vache à l’abattoir, et l’argent qu’il tira de la vente de cette viande permit de régler toutes les dépenses.

Le rat assista à tout cela, pensant encore  :

  »J’avais pourtant prévenu. N’aurait-il pas été préférable que la poule, le porc et la vache aient compris que le problème de l’un d’entre nous constituait un danger pour tous  ?  »

Le mort qui portait un pyjama

Je me souviens d’avoir lu sur un site Internet que, le 10 juin 2004, un mort vêtu d’un pyjama a été trouvé dans la ville de Tokyo.

Jusque-là, très bien  ; je pense que la majorité des gens qui meurent en pyjama  :

A) sont morts dans leur sommeil, ce qui est une bénédiction,

B) ou bien se trouvaient avec leurs proches, ou dans un lit d’hôpital -

la mort n’est pas venue brutalement, tous ont eu le temps de s’habituer à

«  l’indésirable  », ainsi que l’appelait le poète brésilien Manuel Bandeira.

L’information se poursuit ainsi  : quand il est décédé, l’homme se trouvait dans sa chambre. Donc, éliminée l’hypothèse de l’hôpital, il nous reste la possibilité qu’il soit mort dans son sommeil, sans souffrir, sans même se rendre compte qu’il ne verrait pas la lumière du lendemain.

Mais il reste une possibilité  : celle d’une agression suivie de mort.

Ceux qui connaissent Tokyo savent que cette ville gigantesque est aussi l’une des plus sûres du monde.



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