
DEUXIÈME PARTIE
Hors la Terre
1
— Étant donné qu’ils vont devenir dingues de toute façon, pourquoi ne pas envoyer des fous pour leur éviter ce genre de désagrément plus tard ? avait proposé Michel Duval.
Il plaisantait à demi : dès le départ, il avait estimé que les critères de sélection représentaient une collection aberrante de contradictions.
Ses collègues psychiatres avaient les yeux fixés sur lui. Et le président, Charles York, avait demandé :
— Pouvez-vous nous suggérer des modifications précises ?
— Peut-être pourrions-nous aller en Antarctique avec eux, afin de les observer durant cette première période qu’ils vont passer ensemble. Nous pourrions apprendre beaucoup de choses. Mais notre présence serait une inhibition. Je crois qu’il suffirait qu’un seul d’entre nous se joigne à eux.
Et c’est ainsi qu’ils avaient envoyé Michel Duval avec les cent cinquante finalistes rassemblés à la station de McMurdo. Le meeting d’ouverture ressemblait à n’importe quelle conférence scientifique internationale. Chacun dans sa discipline, ils y étaient tous familiarisés. Mais il y avait cependant une différence : ceci n’était que la poursuite d’un processus de sélection entamé des années auparavant et qui ne s’achèverait que dans un an. Et ceux qui seraient sélectionnés partiraient pour Mars.
Ils avaient donc vécu ensemble dans l’Antarctique pendant toute une année. Ils s’étaient familiarisés avec les abris et le matériel que des véhicules-robots déposaient déjà sur Mars.
