
Je pousse un petit soupir d’aise. Je suis content de moi ; si j’étais devant mon armoire à glace je me le dirais…
En ce moment, le coffre est béant. Et Héléna possède le plus balaise des condés puisqu’elle a les matuches au train. Bravo ! J’ai hâte de la connaître cette souris. J’aime m’occuper des dégourdies de son format…
En somme je suis glandibus d’attendre davantage. Il ne se passera rien. Simplement, il serait préférable que le coffre ne demeure pas trop longtemps ouvert. Les documents secrets c’est comme la bidoche ; faut pas qu’ils restent exposés à l’air.
J’interpelle mon chauffeur, lequel commence à somnoler.
— Hé ! Durand !
— Je m’appelle pas Durand, bougonne-t-il.
— Comment veux-tu que je le sache ! je lui fais ; je vais te charger d’une mission de confiance…
Il se rengorge.
— Tu vas sonner à la grille du 64. Tu diras au gardien qui vraisemblablement viendra t’ouvrir que, passant devant la cambuse tu as cru distinguer brièvement comme une sonnerie d’alarme.
— Oui, et puis ?
— Et puis tu reviendras et nous irons ailleurs…
Il est déçu. Il croit que je m’offre sa physionomie ; ce qui est partiellement exact. Néanmoins il fait ce que je lui dis. De la sorte le gardien ira vérifier le dispositif d’alarme et il s’apercevra que le coffre est ouvert.
Le chauffeur revient.
— C’est fait.
— Qu’est-ce qu’il a dit le gardien ?
— Rien. Il s’est taillé en courant comme s’il voulait battre le record du monde.
