
— Je n'ai pas sujet de l'être, rétorqua le Vieux Nœud en s'asseyant.
Il se mit à narrer l'effroyable aventure à laquelle il venait d'être confronté et que je ne vais pas vous faire chier la bite à répéter quelques centimètres plus loin.
Je lui déclaras qu'il avait bien fait de venir me trouver et lui conseillis de boire cul sec (exercice impossible à pratiquer par certaines dames de mes relations) le verre de vodka glacée que j'allai nous servir.
Il m'obéit scrupuleusement, puis s'en fut rendre visite à une péripatéticienne affligée de nanisme, figurant parmi les rares donzelles capables d'accueillir son effarant braquemart.
Avant de quitter le sol sacré de la Grande Volière, je passai ramasser Jérémie dans son bureau, situé au même étage.
Il conversait avec un autre Black, d'âge et de carrure similaires aux siens. Le visiteur arborait une élégance un tantisoit frelatée, me parut-il. L'impression provenait-elle de son costume noir aux larges rayures blanches, de sa chemise mauve égayée d'une cravate jaune, ou des quarante-deux bagues alourdissant ses doigts ? Mystère ! Toujours était-il qu'il ne passait pas inaperçu.
— Je te présente mon cousin Monosperme Blanc, fit le plus efficace de mes collaborateurs.
Je tendis spontanément au personnage étrangement prénommé la dextre de l'amitié.
La sienne était sèche et froide. D'emblée, l'homme me déplut. Son regard fuyant et son sourire faux-derche incitaient à la défiance.
— Ravi de vous connaître, articulai-je néanmoins.
— Ne te donne pas la peine, recommanda Jéjé. Tout ce que ce rat puant mérite, c'est ça !
Et il plaça au bouc de son parent ce genre de taquet qui devait conduire jadis Marcel Cerdan au championnat du monde.
Monosperme tomba à genoux. Maintenant sa stabilité des deux mains posées à plat sur le tapis, il se mit à traiter son cousin d'enculé de sa mère, bien que la dame évoquée fût la sœur de la sienne.
