
— On l’a repéré ! cria Ibrahim Issaq.
Garda regarda son sexe raide, rouge et brûlant.
— J’arrive ! cria-t-il.
À la fois joyeux et frustré, il s’enfonça une seule fois dans les reins de sa femme qui hurla de douleur. Il eut quand même le temps de lâcher sa semence, aplatissant Saida sur le matelas et se retirant aussitôt. Le temps de remettre son caleçon et son pantalon de toile, il sortait, prenant le temps de refermer soigneusement la porte de la cabine et de glisser la clef dans une poche secrète de son pantalon.
— Où est Hashi ? demanda-t-il.
— Au pied de la dunette.
— Réveille les autres, je m’occupe de lui.
Le reste de l’équipage et les pirates dormaient dans l’entrepont, au-dessus de la cale. Garda Abdi se dirigea vers la passerelle et aperçut une forme enroulée dans une couverture, d’où ne dépassait qu’un keffieh rose.
Hashi Farah, en dépit de son jeune âge, était déjà un héros des Shebabs, les milices islamistes qui étaient en train de grignoter la Somalie, village après village. Il militait depuis plus de dix ans. Au départ, en 1998, il avait accueilli en Somalie les rescapés de l’équipe d’Al Qaida qui avait fait sauter l’ambassade des États-Unis à Nairobi. Ensuite, grâce à leurs contacts, il avait été combattre en Afghanistan pendant plus d’un an. À son retour, il avait rejoint comme chef la milice d’un des tribunaux islamiques les plus radicaux, Ifka Halane Court.
Se distinguant par sa haine des gaalo. À Mogadiscio, il avait installé un camp d’entraînement dans un ancien cimetière italien dont il avait déterré tous les corps pour les jeter à la mer, afin qu’ils ne souillent pas ce lieu devenu musulman. Garda Abdi le secoua légèrement et il se réveilla en sursaut.
— Inch Allah, mon frère ! annonça le pirate, nous allons accomplir la volonté de Dieu.
