
La reproduction n’était pas absolument honnête : les cheveux étaient châtain clair comme dans la réalité, mais un peu plus épais que ceux du modèle. En outre, le visage réel était légèrement asymétrique, le côté gauche de la lèvre supérieure remontant un peu plus que le droit, détail qui n’était pas particulièrement évident sur l’hologramme. Enfin, s’il s’était placé debout à côté de sa reproduction tridimensionnelle, on aurait remarqué qu’il mesurait deux centimètres de moins que le mètre quatre-vingt-trois de son image – et qu’il était peut-être un rien plus enveloppé.
Bien sûr, l’hologramme était le portrait officiel du couronnement et résumait toute sa jeunesse. Il en avait encore l’allure, gardant belle prestance, et, lorsqu’il échappait à l’impitoyable carcan des cérémonies officielles, il y avait dans ses traits une certaine aménité.
Sur ce ton respectueux qu’il cultivait avec soin, Demerzel répondit : « Hari Seldon ? Ce nom ne m’est pas familier, Sire. Devrais-je le connaître ?
— Le ministre des Sciences m’en a fait mention hier au soir. Je pensais que vous pouviez le connaître. »
Demerzel fronça légèrement les sourcils, mais à peine, car cela ne se fait pas en présence de l’Empereur. « Le ministre des Sciences, Sire, aurait dû d’abord m’en parler, en ma qualité de chef d’état-major. Si vous devez être bombardé de tous côtés par… »
Cléon éleva la main et Demerzel se tut aussitôt. « Je vous en prie, Demerzel, on ne peut pas être en permanence à cheval sur les principes. Hier au soir, croisant le ministre lors de cette réception, j’ai voulu échanger quelques mots avec lui et il m’a pour ainsi dire tenu la jambe ; je ne pouvais décemment refuser de l’écouter, et je ne regrette rien car c’était fort intéressant.
