— Que veut dire ce panneau ? demanda Méricet.

— qu’on ne trouve que dans le… » La voix de Teppic s’éteignit. Il plissa les yeux sur la rune tarabiscotée de la carte que la main de Méricet lui tendait sous le nez, puis il regarda à nouveau droit devant lui, à côté de l’oreille de l’examinateur.

« Je n’en ai pas la moindre idée, m’sieur », dit-il. Du coin de son oreille à lui, il crut entendre une très légère inspiration, un soupçon de grognement satisfait.

« Mais si c’était dans l’autre sens, m’sieur, reprit-il, ce serait le signe des voleurs pour « chiens bruyants dans cette maison ». »

Un silence absolu suivit un moment sa réponse. Puis, tout près de son épaule, la voix du vieil assassin demanda : « La corde à tuer est-elle autorisée pour toutes les catégories ?

— M’sieur, le règlement ne prévoit que trois questions, m’sieur, protesta Teppic.

— Ah. Et c’est votre réponse, hein ?

— M’sieur, non, m’sieur. Ce n’était qu’une remarque, m’sieur. M’sieur, la réponse, c’est que toutes les catégories peuvent porter la corde à tuer, mais les assassins de troisième niveau seulement ont le droit de s’en servir comme une des trois options, m’sieur.

— Vous en êtes sûr, hein ?

— M’sieur.

— Vous ne voulez pas réfléchir encore ? » On aurait pu graisser un chariot avec la voix de l’examinateur.

« M’sieur, non, m’sieur.

— Très bien. » Teppic se détendit. Sa tunique lui collait dans le dos, glacée de sueur.

« Maintenant, je veux que vous vous dirigiez d’un pas normal vers la rue des Comptables, dit Méricet d’un ton neutre, en respectant tous les panneaux et ainsi de suite. Je vous retrouverai dans la salle sous la tour du gong au croisement de la ruelle de l’Audit. Et… prenez ceci, s’il vous plaît. »



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