La Nourrice. – Elle, diminuer! Elle grossira, bien plutôt. Les femmes s'arrondissent auprès des hommes!


Lady Capulet, à Juliette. – Bref, dites-moi si vous répondrez à l'amour de Pâris.


Juliette. – Je verrai à l'aimer, S'il suffit de voir pour aimer! mais mon attention à son égard ne dépassera pas la portée que lui donneront vos encouragements.


Entre un valet.


Le Valet. – Madame, les invités sont venus, le souper est servi; on vous appelle; on demande mademoiselle; on maudit la nourrice à l'office; et tout est terminé. Il faut que je m'en aille pour servir; je vous en conjure, venez vite.


Lady Capulet. – Nous te suivons. Juliette, le comte nous attend.


La Nourrice. – Va, fillette, va ajouter d'heureuses nuits à tes heureux jours. (Tous sortent.)

SCÈNE IV

Une place sur laquelle est située la maison de Capulet.
Entrent Roméo, costumé; Mercutio, Benvolio, avec cinq ou six autres masques; des gens portant des torches, et des musiciens.

Roméo. – Voyons, faut-il prononcer un discours pour nous excuser ou entrer sans apologie?


Benvolio. – Ces harangues prolixes ne sont plus de mode. Nous n'aurons pas de Cupidon aux yeux bandés d'une écharpe, portant un arc peint à la tartare, et faisant fuir les dames comme un épouvantail; pas de prologue appris par cœur et mollement débité à l'aide d'un souffleur pour préparer notre entrée. Qu'ils nous estiment dans la mesure qu'il leur plaira; nous leur danserons une mesure, et nous partirons.



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