Le manuscrit était signé de la main de Dieu et de la main du Diable.

Zofia releva lentement la tête. Elle voulait reprendre le texte à son début, pour comprendre l'origine de l'acte qu'elle tenait entre ses mains.

– C'est un pari absurde, dit Monsieur, un peu confus. Mais ce qui est fait est fait.

Elle reprit le parchemin, il comprit l'étonnement que trahissaient ses yeux.

– Considère cet écrit comme un alinéa à mon dernier testament. Moi aussi je vieillis. C'est bien la première fois que je ressens de l'impatience, alors fais en sorte que le temps passe très vite, ajouta-t-il en regardant par la fenêtre, n'oublie pas à quel point il est compté… Il l'a toujours été, ce fut ma première concession.

Michaël fit un signe à Zofia, il fallait se lever et quitter la pièce. Elle s'exécuta sur-le-champ. Au pas de la porte, elle ne put réprimer l'envie de se retourner.

– Monsieur?

Michaël retint son souffle, Dieu tourna la tête vers elle, le visage de Zofia s'éclaira.

– Merci, dit-elle.

Dieu lui sourit.

– Sept jours pour une éternité… je compte sur toi!

Il la regarda sortir de la pièce.

Dans le couloir, Michaël retrouvait à peine sa respiration quand il entendit la voix grave le rappeler. Il abandonna Zofia, fit demi-tour et retourna dans le grand bureau. Monsieur fronça les sourcils.

– Le bout de caoutchouc qu'elle a collé sous ma table est parfumé à la fraise, n'est-ce pas?

– C'est bien de la fraise, Monsieur, répondit Michaël.

– Une dernière chose, lorsqu'elle aura terminé sa mission, je te serais reconnaissant de lui faire enlever ce petit dessin sur l'épaule avant que tout le monde ici ne s'y mette. On n'est jamais à l'abri d'une mode.

– C'est évident, Monsieur.

– Une question encore: Comment as-tu su que je la choisirais?

– Parce que cela fait plus de deux mille ans que je travaille à vos côtés, Monsieur!



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