Les mains sur les hanches, il contempla la scène, ravi. Quand la dernière bulle d'air eut éclaté, il se retourna et marcha joyeusement en direction du parking. Une Honda couleur olive semblait n'attendre que lui. Il en crocheta la serrure, ouvrit le capot, arracha la trompe de l'alarme et la lança au loin. Il s'installa et contempla, peu enthousiaste, l'intérieur en plastique. Il sortit son trousseau de clés et choisit celle qui lui paraissait le mieux convenir. Le moteur au son aigu se mit à tourner aussitôt.

– Une japonaise verte, on aura tout vu! maugréa t-il en desserrant le frein à main.

Lucas regarda sa montre, il était en retard et il accéléra. Assis sur un plot d'amarrage, un clochard nommé Jules haussa les épaules en regardant la voiture s'éloigner, un ultime «blob» mourut à la surface.


*

– Elle va s'en tirer?

C'était la troisième fois de la soirée que la voix de Lucas la faisait sursauter.

– J'espère, répondit-elle, le regardant de pied en cap. Qui êtes-vous exactement?

– Lucas. Désolé et enchanté à la fois, dit-il en tendant la main.

C'était bien la première fois que Zofia ressentait la fatigue peser sur elle. Elle se leva et se dirigea vers le distributeur de café.

– Vous en voulez un?

– Je ne bois pas de café, répondit Lucas.

– Moi non plus, dit-elle, contemplant la pièce de vingt cents qu'elle faisait tourner dans le creux de sa main. Qu'est-ce que vous faites ici?

– Comme vous, répliqua Lucas, je suis venu voir comment elle allait.

– Pourquoi? demanda Zofia en rangeant la pièce dans sa poche.

– Parce que je dois faire un rapport et que pour l'instant, dans la case «victimes», j'ai mis le chiffre 1, alors je viens vérifier s'il faut ou non que j'amende l'information. J'aime bien remettre mes comptes rendus le jour même, j'ai une sainte horreur du retard.

– Je me disais bien aussi!



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