
LE CHŒUR DES VIEILLARDS.
Salut, ô héraut, envoyé de l'armée Akhaienne!
TALTHYBIOS.
Je suis heureux, et dussé-je mourir, je n'en voudrais point aux dieux.
LE CHŒUR DES VIEILLARDS.
Le regret de ta patrie te tourmentait donc?
TALTHYBIOS.
Tellement, que la joie du retour emplit mes yeux de larmes.
LE CHŒUR DES VIEILLARDS.
Donc, vous connaissiez ce doux mal?
TALTHYBIOS.
Comment? Instruis-moi du sens de tes paroles.
LE CHŒUR DES VIEILLARDS.
Tu étais en proie au regret de ceux qui te regrettaient?
TALTHYBIOS.
Dis-tu que la patrie et l'armée se regrettaient l'une l'autre?
LE CHŒUR DES VIEILLARDS.
Combien je soupirais du fond de mon cœur attristé!
TALTHYBIOS.
D'où venait votre triste inquiétude pour l'armée?
LE CHŒUR DES VIEILLARDS.
Depuis longtemps le remède à mon mal est le silence.
TALTHYBIOS.
Qui redoutiez-vous donc en l'absence de vos maîtres?
LE CHŒUR DES VIEILLARDS.
Maintenant, selon ta parole, le meilleur est de mourir.
TALTHYBIOS.
Certes, car les choses ont eu une heureuse fin. Ce qui arrive dans un long espace de temps amène tantôt des biens, tantôt des revers.
