
Tu vas trinquer, San-Antonio
A Pat LODIGIANI.
AVIS AU LECTEUR
Ayant eu quelques ennuis avec de pauvres tordus qui avaient cru se reconnaître dans un de mes livres, je prends désormais la précaution d’avertir le lecteur que toute ressemblance, etc.
Or mes scrupules m’obligent à préciser que, cette fois, tout n’est pas fictif dans ce récit. Par exemple, à un certain moment, je parle de l’Empire State building. Eh bien, je vais vous faire un aveu : il existe !
Et s’il veut me faire un procès, qu’il y vienne ! Les débats ne manqueront pas d’une certaine grandeur !
PREMIÈRE PARTIE
ÇA NE TOURNE PAS ROND
CHAPITRE FIRST
NEW YORK CITY ! FIN DE SECTION !
Accoudés au bastingage du Liberté, Pinaud, Bérurier et moi-même, autrement dit San-Antonio le valeureux, re-autrement dit le fils unique et préféré de Félicie, nous regardons mélancoliquement le quai du débarquement
Dans l’immense hall qui aurait volontiers servi de hangar au Graf-Zeppelin et d’entrepôt au cirque Barnum, des gens se congratulent avec des effusions humides qui feraient cavaler l’aiguille du baromètre au variable.
Les passagers du barlu sont presque tous descendus. Pourtant quelques-uns sont encore aux prises avec les gabelous ricains et adressent à ceux qui les attendent des sourires zémus et des chauffe-Barbès veloutés
Les opérations de débarquement sont longues aux U.S.A. Les douaniers, les bourdilles de l’Immigration et autres poultoks en civil ou en uniforme font du zèle. Pour commencer, en arrivant à bord, ils piquent un sprint vers la salle à manger des premières afin de se cogner le tronc à la française.
