
– Il est sûrement au laboratoire, répondit mon compagnon, tantôt il fuit ce lieu pendant des semaines, tantôt il y travaille du matin au soir. Si vous voulez, nous irons le voir après déjeuner.
– Volontiers», répondis-je.
La conversation roula ensuite sur d’autres sujets.
Du Holborn, nous nous rendîmes à l’hôpital. Chemin faisant. Stamford me fournit encore quelques renseignements.
«Si vous ne vous accordez pas avec lui, il ne faudra pas m’en vouloir, dit-il. Tout ce que je sais à son sujet, c’est ce que des rencontres fortuites au laboratoire ont pu m’apprendre. Mais puisque vous m’avez proposé l’arrangement, vous n’aurez pas à m’en tenir responsable.
– Si nous ne nous convenons pas, nous nous séparerons, voilà tout! Pour vouloir dégager comme ça votre responsabilité, Stamford, ajoutai-je en le regardant fixement, vous devez avoir une raison. Laquelle? L’humeur du type? Est-elle si terrible? Parlez franchement.
– Il n’est pas facile d’exprimer l’inexprimable! répondit-il en riant. Holmes est un peu trop scientifique pour moi, – cela frise l’insensibilité! Il administrerait à un ami une petite pincée de l’alcaloïde le plus récent, non pas, bien entendu, par malveillance, mais simplement par esprit scientifique, pour connaître exactement les effets du poison! Soyons juste; il en absorberait lui-même, toujours dans l’intérêt de la science! Voilà sa marotte: une science exacte, précise.
– Il y en a de pires, non?
– Oui, mais la sienne lui fait parfois pousser les choses un peu loin… quand, par exemple, il bat dans les salles de dissection, les cadavres à coups de canne, vous avouerez qu’elle se manifeste d’une manière pour le moins bizarre!
– Il bat les cadavres?
