
Son ventre plein d'exalaisons.
Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire a point,
Et de rendre au centuple a la grande Nature
Tout ce qu'ensemble elle avait joint;
Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s'epanouir.
La puanteur etait si forte, que sur l'herbe
Vous crutes vous evanouir.
Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D'ou sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme um epais liquide
Le long de ces vivants haillons.
Tout cela descendait, montait commme une vague,
Ou s'elancait en petillant;
On eut dit que le corps, enfle d'un souffle vague,
Vivait en se multipliant.
Et ce monde rendait une etrange musique,
Comme l'eau courante et le vent,
Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rhythmique
Agite et tourne dans son van.
Les formes s'effacaient et n'etaient plus qu'un reve,
Une ebauche lente a venir,
Sur la toile oubliee, et que l'artiste acheve
Seulement par le souvenir.
Derriere les rochers une chienne inquiete
Nous regardait d'un oeil fache,
Epiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu'elle avait lache.
- Et pourtant vous serez semblable a cette ordure,
A cette horrible infection,
Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion!
Oui! telle vous serez, o la reine des graces,
Apres les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses,
Moisir parmi les ossements
Alors, o ma beaute! dites a la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j'ai garde la forme et l'essence divine
De mes amours decomposes!
("Les Fleurs du mal", 1857)
Падаль
Было ясное утро. Под музыку нежных речей
