
L’Italie fasciste de Mussolini apparaît comme un modèle, un allié, à l’ambitieux parlementaire qu’est Pierre Laval.
Le régime autoritaire italien fascine en effet une partie des conservateurs, soucieux de faire contrepoids à l’Allemagne et à l’Union soviétique.
Car l’Angleterre joue sa carte. Elle est pour le redressement de l’Allemagne. Les États-Unis se sont retirés de la scène européenne et, devenus isolationnistes, ne font pas partie de la Société des Nations.
Mais comme les Anglais, ils soutiennent les Allemands, qui refusent de verser à la France les réparations fixées par le traité de Versailles.
« Le Boche paiera », avaient répété les politiciens français. Mais Berlin se dérobe, et la crise économique et financière de 1929 libère des ferments de violence, déjà présents dans tous les pays européens.
En fait, la Première Guerre mondiale a ébranlé tous les continents, détruit les règles morales.
On a tué pendant quatre ans. En masse et sauvagement.
Les hommes, sous l’uniforme, ont appris à vivre en « rang », à marcher au pas, à partager la violence, le meurtre légal.
Le fascisme et le nazisme sont sortis de ce chaudron de sorcières qu’est la guerre.
Dès les années vingt, les adhérents des partis fasciste et nazi, mais aussi ceux des partis socialistes, comme les membres des associations d’anciens combattants défilent en « uniforme ». C’est le temps des chemises noires, brunes, rouges, bleues… Les anciens combattants recherchent la fraternité des tranchées. Ceux qui ont été en première ligne forment en France le mouvement des Croix-de-Feu.
On se bat contre les communistes. La guerre civile est une hypothèse réaliste.
Qu’est devenue la civilisation européenne ?
Un célèbre écrivain français, Romain Rolland, avait choisi durant la guerre de vivre en Suisse, y écrivant un livre, Au-dessus de la mêlée, dans lequel il analysait la guerre de 14-18 comme une guerre civile européenne, suicidaire.
