2.

L’Angleterre ?

Hitler répète ce nom en s’esclaffant.

Il est debout au centre de ce cercle que forment autour delui, en cette soirée de Noël de l’année 1940, une centaine de soldats et d’officiersde la Wehrmacht, têtes nues.

Ces hommes rient lorsque Hitler frappe dans ses mains commes’il venait d’attraper, d’écraser une mouche.

Le Führer fait quelques pas au milieu des soldats, lesinvite d’un grand geste des bras à s’asseoir à leurs places, à ces longuestables recouvertes de nappes en papier.

L’on a dressé le couvert pour ce réveillon de Noël que leFührer a voulu passer avec ses soldats cantonnés sur les côtes de la Manche, nonloin de Dunkerque, face à l’Angleterre.

Les soldats ne le quittent pas des yeux et il esquisse unpas de danse.

L’Angleterre ?

« Après l’achèvement de notre conquête, dit Hitler, toutà coup grave, les yeux mi-clos, le visage inspiré, le menton levé, l’Empirebritannique sera comparable à un domaine mis en liquidation pour cause defaillite ; un domaine de quarante millions de kilomètres carrés… Jusqu’ici,une minorité de 45 millions d’Anglais a gouverné les 600 millions d’habitantsque compte l’Empire britannique. L’Allemagne va écraser cette minorité. »

Les soldats acclament Hitler, cependant qu’il s’installeavec ses généraux à une longue table, placée sur une estrade.

Il est encore debout, il lève le bras, et les soldats crientSieg Heil, répondent à son salut, Heil Hitler.

Puis ils se mettent à chanter et leurs voix sont si fortesqu’elles semblent capables de faire trembler cet immense hangar éclairé par destorches.



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