Hitler prophétise au terme de la lutte « la plus grande victoire du Reich allemand ».


Rommel se souvient de ses dernières rencontres avec le Führer. Il émane de cet homme qu'il a trouvé las, le visage blafard, une volonté indestructible. C'est bien un ancien soldat, un Frontkämpfer - un combattant du front.

Sans doute exagère-t-il en évoquant « la plus grande victoire », mais Rommel croit qu'on peut - qu'on doit - vaincre. Ce sera difficile, mais c'est possible et, bien sûr, nécessaire.


Ses charges - ses responsabilités - sont lourdes. Le Führer l'a choisi pour être le coordinateur général du front de l'Ouest.

Il commande, en France, le groupe d'armées B. Mais il doit aussi contrôler tout le front de l'Ouest, du Danemark à la frontière espagnole, ainsi que les côtes françaises de la Méditerranée. Il rend compte directement au commandement suprême - le Grand Quartier Général du Führer.


Donc, il parcourt les côtes, visite les casemates, les fortins, étudie les obstacles antichars, tous les éléments de ce Mur de l'Atlantique construits par l'Organisation Todt.

Et les directeurs de l'Organisation viennent de lui offrir deux chiens, des bassets.

« Ils sont couchés sous mon bureau, écrit Rommel à sa femme, sa très chère Lu, l'aîné aboie quand quelqu'un entre, et tous deux hurlent continuellement pendant la nuit. »


Rommel est toujours installé dans un petit château qui a appartenu à Mme de Pompadour et est situé non loin de Fontainebleau.

Il aime ce lieu, le paysage qu'il aperçoit, ces forêts.

Mais il l'avoue à son épouse :

« Le travail que je fais est très décevant. On se heurte constamment à des esprits bureaucratiques et ossifiés qui s'opposent à toute innovation et à tout perfectionnement. »

« J'arriverai quand même au résultat », répète-t-il, résolu et obstiné.



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