
Avec des chants, des pleurs, des rires et des murmures, je rends grâce à Dieu qui est mon Dieu. Cependant quel présent nous apportes-tu?»
Lorsque Zarathoustra eut entendu ces paroles, il salua le saint et lui dit: «Qu’aurais-je à vous donner? Mais laissez-moi partir en hâte, afin que je ne vous prenne rien!» – Et c’est ainsi qu’ils se séparèrent l’un de l’autre, le vieillard et l’homme, riant comme rient deux petits garçons.
Mais quand Zarathoustra fut seul, il parla ainsi à son cœur: «Serait-ce possible! Ce vieux saint dans sa forêt n’a pas encore entendu dire que Dieu est mort!»
3.
Lorsque Zarathoustra arriva dans la ville voisine qui se trouvait le plus près des bois, il y vit une grande foule rassemblée sur la place publique: car on avait annoncé qu’un danseur de corde allait se montrer. Et Zarathoustra parla au peuple et lui dit:
Je vous enseigne le Surhomme.
Tous les êtres jusqu’à présent ont créé quelque chose au-dessus d’eux, et vous voulez être le reflux de ce grand flot et plutôt retourner à la bête que de surmonter l’homme?
Qu’est le singe pour l’homme? Une dérision ou une honte douloureuse. Et c’est ce que doit être l’homme pour le surhomme: une dérision ou une honte douloureuse.
Vous avez tracé le chemin qui va du ver jusqu’à l’homme et il vous est resté beaucoup du ver de terre. Autrefois vous étiez singe et maintenant encore l’homme est plus singe qu’un singe.
Mais le plus sage d’entre vous n’est lui-même qu’une chose disparate, hybride fait d’une plante et d’un fantôme. Cependant vous ai-je dit de devenir fantôme ou plante?
Voici, je vous enseigne le Surhomme!
Le Surhomme est le sens de la terre. Que votre volonté dise: que le Surhomme soit le sens de la terre.
