Les bords étaient déserts herbus silencieux

Et la montagne à l'autre rive était très claire


Alors sans bruit sans qu'on pût voir rien de vivant

Contre le mont passèrent des ombres vivaces

De profil ou soudain tournant leurs vagues faces

Et tenant l'ombre de leurs lances en avant


Les ombres contre le mont perpendiculaire

Grandissaient ou parfois s'abaissaient brusquement

Et ces ombres barbues pleuraient humainement

En glissant pas à pas sur la montagne claire


Qui donc reconnais-tu sur ces vieilles photographies

Te souviens-tu du jour où une vieille abeille tomba dans le feu

C'était tu t'en souviens à la fin de l'été

Deux matelots qui ne s'étaient jamais quittés

L'aîné portait au cou une chaîne de fer

Le plus jeune mettait ses cheveux blonds en tresse


Ouvrez-moi cette porte où je frappe en pleurant


La vie est variable aussi bien que l'Euripe

Marie

Vous y dansiez petite fille

Y danserez-vous mère-grand

C'est la maclotte qui sautille

Toutes les cloches sonneront

Quand donc reviendrez-vous Marie


Les masques sont silencieux

Et la musique est si lointaine

Qu'elle semble venir des cieux

Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine

Et mon mal est délicieux


Les brebis s'en vont dans la neige

Flocons de laine et ceux d'argent

Des soldats passent et que n'ai-je

Un cœur à moi ce cœur changeant

Changeant et puis encor que sais-je


Sais-je où s'en iront tes cheveux

Crépus comme mer qui moutonne

Sais-je où s'en iront tes cheveux

Et tes mains feuilles de l'automne

Que jonchent aussi nos aveux


Je passais au bord de la Seine

Un livre ancien sous le bras



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