Heureusement pour Alice, la petite bouteille magique avait produit tout son effet et elle s’arrêta de grandir: malgré tout, elle était très mal à l’aise, et, comme elle semblait ne pas avoir la moindre chance de pouvoir sortir, un jour, de la petite chambre, il n’était pas surprenant qu’elle se sentît malheureuse.


«C’était bien plus agréable à la maison, pensa la pauvre Alice; on ne grandissait pas et on ne rapetissait pas à tout bout de champ, et il n’y avait pas de souris, ni de lapin, pour vous donner sans cesse des ordres. Je regrette presque d’être entrée dans ce terrier… Et pourtant… et pourtant… le genre de vie que je mène ici, est vraiment très curieux! Je me demande ce qui a bien pu m’arriver! Au temps où je lisais des contes de fées, je m’imaginais que ce genre de choses n’arrivait jamais, et voilà que je me trouve en plein dedans! On devrait écrire un livre sur moi, cela, oui! Quand je serai grande, j’en écrirai un… Mais je suis assez grande maintenant, ajouta-t-elle d’une voix désolée; en tout cas, ici, je n’ai plus du tout de place pour grandir.»


«Mais alors, pensa Alice, est-ce que j’aurai toujours l’âge que j’ai aujourd’hui? D’un côté ce serait bien réconfortant de ne jamais devenir une vieille femme… mais, d’un autre côté, avoir des leçons à apprendre pendant toute ma vie!… Oh! je n’aimerais pas cela du tout!»


«Ma pauvre Alice, ce que tu peux être sotte! se répondit-elle. Comment pourrais-tu apprendre des leçons ici? C’est tout juste s’il y a assez de place pour toi, et il n’y en a pas du tout pour un livre de classe!»



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