
Bientôt son regard tomba sur une petite boîte de verre placée sous la table; elle l’ouvrit et y trouva un tout petit gâteau sur lequel les mots: «MANGE-MOI» étaient très joliment tracés avec des raisins de Corinthe. «Ma foi, je vais le manger, dit Alice; s’il me fait grandir, je pourrai atteindre la clé; s’il me fait rapetisser, je pourrai me glisser sous la porte; d’une façon comme de l’autre j’irai dans le jardin, et, ensuite, advienne que pourra.»
Elle mangea un petit bout de gâteau, et se dit avec anxiété: «Vers le haut ou vers le bas?» en tenant sa main sur sa tête pour sentir si elle allait monter ou descendre. Or, elle fut toute surprise de constater qu’elle gardait toujours la même taille: bien sûr, c’est généralement ce qui arrive quand on mange des gâteaux, mais Alice avait tellement pris l’habitude de s’attendre à des choses extravagantes, qu’il lui paraissait ennuyeux et stupide de voir la vie continuer de façon normale.
C’est pourquoi elle se mit pour de bon à la besogne et eut bientôt fini le gâteau jusqu’à la dernière miette.
II. La mare de larmes
«De plus-t-en plus curieux! s’écria Alice (elle était si surprise que, sur le moment, elle en oublia complètement de parler correctement); voilà que je m’allonge comme la plus grande longue-vue qui ait jamais existé! Adieu, mes pieds! (car, lorsqu’elle les regarda, ils lui semblèrent avoir presque disparu, tant ils étaient loin).
