

Alice l’appela doucement: «Ma petite Souris chérie! Je t’en prie, reviens, et nous ne parlerons plus ni de chats ni de chiens, puisque tu ne les aimes pas!» Quand la Souris entendit cela, elle fit demi-tour et nagea lentement vers Alice: son visage était tout pâle (de colère, pensa la petite fille), et elle déclara d’une voix basse et tremblante: «Regagnons la rive; là, je te raconterai mon histoire; tu comprendras alors pourquoi je déteste les chats et les chiens.»
Il était grand temps de partir, la mare se trouvant à présent fort encombrée par les oiseaux et les animaux qui y étaient tombés: il y avait un Canard, un Dodo, un Lori, un Aiglon, et plusieurs autres créatures bizarres. Alice montra le chemin, et toute la troupe gagna la terre à la nage.
III. Une course au “Caucus”
Étrange troupe, en vérité, que celle qui s’assembla sur la rive: oiseaux aux plumes mouillées, animaux dont la fourrure collait au corps, tous trempés comme des soupes, mal à l’aise, et de mauvaise humeur.
Naturellement, la question la plus importante était de savoir comment se sécher: ils tinrent conseil à ce sujet, et, au bout de quelques minutes, Alice trouva tout naturel de bavarder familièrement avec eux, comme si elle les avait connus toute sa vie. En réalité, elle eut une longue discussion avec le Lori qui finit par bouder et se contenta de déclarer: «Je suis plus âgé que toi, je sais mieux que toi ce qu’il faut faire»; mais Alice ne voulut pas admettre cela avant de connaître son âge, et, comme le Lori refusa catégoriquement de le dire, les choses en restèrent là.
