Il ne veut pas qu’ils soient extrêmement bons, parce que la punition d’un homme de bien exciterait plus l’indignation que la pitié du spectateur; ni qu’ils soient méchants avec excès, parce qu’on n’a point pitié d’un scélérat. Il faut donc qu’ils aient une bonté médiocre, c’est-à-dire une vertu capable de faiblesse, et qu’ils tombent dans le malheur par quelque faute qui les fasse plaindre sans les faire détester.

Seconde préface

Virgile au troisième livre de l’Énéide;

c’est Énée qui parle:


Littoraque Epiri legimus, portuque subimus

Chaonio, et celsam Buthroti ascendimus urbem…

Solemnes tum forte dapes et tristia dona…

Libabat cineri Andromache, Manesque vocabat

Hectoreum ad tumulum, viridi quem cespite inanem,

Et geminas, causam lacrymis, sacraverat aras…

Dejecit vultum, et demissa voce locuta est:

«Ô felix una ante alias Priameïa virgo,

Hostilem ad tumulum, Trojae sub mœnibus altis,

Jussa mori, quae sortitus non pertulit ullos,

Nec victoris heri tetigit captiva cubile!

Nos, patria incensa, diversa per aequora vectae,

Stirpis Achilleae fastus, juvenemque superbum,

Servitio enixae, tulimus, qui deinde secutus

Ledaeam Hermionem, Lacedaemoniosque hymenaeos…

Ast illum, eraptae magno inflammatus amore

Conjugis, et scelerum Furiis agitatus, Orestes

Excipit incautum, patriasque obtruncat ad aras ».


Voilà, en peu de vers, tout le sujet de cette tragédie, voilà le lieu de la scène, l’action qui s’y passe, les quatre principaux acteurs, et même leurs caractères, excepté celui d’Hermione dont la jalousie et les emportements sont assez marqués dans l’Andromaque d’Euripide.



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