
Illuminati. Il ne cessait de relire ce mot. Son travail avait toujours été fondé sur des documents venus du lointain passé, mais l'image qu'il avait sous les yeux était d'actualité. Au présent. Langdon se faisait l'effet d'un paléontologue se trouvant nez à nez avec un dinosaure vivant.
— J'ai pris la liberté d'envoyer un avion vous chercher, fit la voix. Il sera à Boston dans vingt minutes.
Une heure d'avion. . Langdon sentit sa bouche s'assécher.
— Pardonnez mon audace, mais j'ai vraiment besoin de vous ici, fit la voix.
Langdon regarda encore le fax — une légende venue de la nuit des temps qui se matérialisait comme par enchantement. En noir et blanc. Dont les conséquences pouvaient être effrayantes. . Il jeta un regard absent par la baie vitrée. Les premières lueurs de l'aube s'insinuaient entre les branches des bouleaux de son jardin, mais le paysage respirait un je ne sais quoi de différent, ce matin.
Envahi par une étrange combinaison d'appréhension et d'euphorie, Langdon sut qu'il n'avait pas le choix.
— Vous avez gagné, répondit-il enfin. Dites-moi où je dois prendre cet avion.
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3
À des milliers de kilomètres de là deux hommes se retrouvaient. Dans une pièce sombre, moyenâgeuse, tout en pierre.
— Benvenuto, fit le chef. (Assis dans un recoin obscur, il était invisible.) Vous avez réussi?
— Si, perfettamente, rétorqua la silhouette sombre, d'une voix aussi dure que les murs.
— Et il n'y aura aucun doute sur le responsable?
— Aucun.
— Superbe. Avez-vous ce que j'ai demandé?
Les yeux du tueur, noirs comme du jais, brillèrent d'une lueur mauvaise. Il fit apparaître un lourd appareil électronique qu'il posa sur la table. Son interlocuteur parut satisfait.
— Je suis content de vous.
— Servir la fraternité est un honneur, répondit le tueur.
