A peine eus-je évoqué ma fille que la musique baissa d’intensité. Les cerceaux de feu pâlirent, s’éloignèrent.

J’essayai de mieux appliquer le cube sur ma tempe, mais la musique se tut. Je reposai le cristal sur la table.

— Alors, l’inforia, ça vous plaît ? s’enquit mon voisin.

Celui-ci apprécia à sa façon les sons inarticulés que je prononçai. Je n’étais encore pas remis de tout ce qui venait de se produire.

— Pas fraîche, n’est-ce pas ? dit-il avec compassion. Vous savez, ce n’est pas la capitale… Mais goûtez ceci, fit mon voisin en montrant un œuf coulé dans du métal léger ressemblant à de l’aluminium.

— Qu’est-ce que c’est ?

— De l’information sur les étoiles instables !

Mon mets préféré, dit l’homme en souriant.

Repu d’information, je sortis. La ville lilliputienne scintillait déjà dans l’obscurité. Le sentiment d’avoir déjà vu cette ville sortie d’un conte de fées ne me quittait pas. Mais où ? Dans un livre lu avec ma fille ? Au cinéma ? J’interrogeai ma mémoire, mais en vain.

En marchant précautionneusement dans les rues, je regardais — je l’avoue — à l’intérieur des maisons. Je voulais savoir de quoi vivaient ces gens, ce qui constituait le sens de leur existence. Pourquoi l’information ou, comme ils disaient, l’inforia était le principal sujet de leurs conversations.

Dans les fenêtres je voyais déjà un tableau familier. Une personne assise, tenant un cube ou une boule appliqué sur la tempe, le visage concentré, comme privé d’expression. Ma fille a cette physionomie lorsque je lui narre un conte captivant.



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