
Je remarque Salami en train de jouer avec la tortue que j'ai rapportée de chez Titan Ma Gloire
Je m'attends à ce que Salami vienne renifler le bas de mon futal pour me témoigner son indéfectible affection, mais fume ! Il me fait la gueule, Court-en-pattes. Il m'en veut de ne pas l'avoir emmené à Bruxelles. Il aurait tant aimé filer un coup de langue sur la zigounette du Manneken-Pis, tu parles, la seule statue à la portée d'un basset.
Il y a des soirs où c'est pas ton jour, mords plutôt : Antoinette est au plumard avec une otite carabinée. Elle se tape un 39,5 sous abri et le docteur Le Zoute a recommandé de bien la surveiller pour ne pas laisser grimper la fièvre. Nuit d'angoisse en perspective. Comme un bonheur ne vient jamais seul, ma cousine Adèle, de Lisieux, celle qui sent le lard rance et la pisse de chat angora, a fait une tentative de suicide en avalant trois bouteilles d'huile d'olive cul sec (façon de parler). Elle va s'en sortir, mais maman a dû partir de toute urgence pour lui porter du linge de rechange. Tu me croiras si tu voudras (Saint-Tax selon Béru), mais en poussant la porte de la maison, j'ai tout de suite su que Félicie n'était pas at home. L'absence des gens qu'on aime se fait davantage sentir que leur présence. A l'ordinabitude, quand je me pointe, il flotte dans l'atmosphère des fragrances de plats longuement mijotés : blanquette à l'ancienne, bœuf mode ou pieds paquets. Ce soir, nibe ! Juste l'odeur, de bon aloi au demeurant, de l'encaustique à la cire d'abeilles. Un jour, ce sera comme ça tous les jours et pour toujours.
Ne souhaitant pas se risquer sur le terrain culinaire de maman et profitant lâchement de son départ, Marie-Marie n'a rien trouvé de mieux que de commander des sushis à la société de livraison rapide « Sapukantushi ».
