— Aimeriez-vous connaître d’autres données sur la colonie ? lui proposa David. Elle a pratiquement la même longueur que l’île de Manhattan mais comme nous pouvons utiliser la quasi-totalité de l’enveloppe interne du cylindre, nous disposons, en réalité, d’une surface plus de quatre fois supérieure à celle de Manhattan…

— Et une population de cent fois inférieure à celle de Manhattan !

Si la réplique avait irrité David, il n’en laissa rien paraître.

— L’un des avantages de la colonie, c’est justement la faible densité de sa population, enchaîna-t-il comme si de rien n’était. Nous n’avons aucune envie de nous retrouver enlisés et étranglés comme c’est le cas des villes de la Terre.

— Que savez-vous des villes de la Terre ?

— Sans doute pas grand-chose, répondit David avec un haussement d’épaules.

Ils se turent à nouveau. Evelyn se retourna pour contempler une fois encore le paysage. Toute cette immensité ! Ils pourraient loger un million de personnes. Et plus encore.

Finalement, David lui tendit la main.

— Venez. Ça a été une rude journée pour vous. On va se rafraîchir et se reposer.

Elle le dévisagea. Après tout, il est peut-être humain. Elle ne put s’empêcher de lui sourire.

— Par là, fit-il en désignant du doigt un autre sentier qui se tortillait et disparaissait au milieu des arbres.

— Il va encore falloir grimper ?

Il s’esclaffa.

— Non, c’est à deux pas et, la plupart du temps, on descendra. Si vous voulez, vous pouvez ôter vos chaussures.

Evelyn, dont les pieds étaient endoloris, retira ses souliers avec satisfaction et les accrocha par les talons à la courroie de son sac. L’herbe était fraîche et soyeuse. Ce sentier était, lui aussi, bordé de ces étranges buissons d’hydrangeas aux couleurs somptueuses. Ils suivirent un ruisseau qui dévalait en direction de la forêt qu’ils avaient traversée tout à l’heure en montant.



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