
Enfin, David perçut réellement le bruit d’un poids lourd qui approchait. Il se retourna. Bahjat était sur le toit de la cabane. Elle leva le bras et disparut à sa vue. David alla alors déposer la bécane au milieu de la chaussée.
— Espérons que ça marchera, murmura-t-il en étreignant la crosse du pistolet glissé dans sa ceinture.
C’était la seule solution qui resterait si le camion ne s’arrêtait pas.
Il se rua ventre à terre en direction de la cabane. Bahjat arriva en courant à sa rencontre. Il la prit dans ses bras et rebroussa chemin. Elle voulut protester mais une quinte de toux la réduisit au silence.
Tous deux se cachèrent derrière le talus à une dizaine de mètres de la bécane abandonnée.
Le camion freina avec force halètements. Le chauffeur et son aide descendirent nonchalamment de la cabine et s’abîmèrent dans la contemplation du cyclo. Ils échangèrent un coup d’œil, haussèrent les épaules et scrutèrent la plaine. David et Bahjat s’aplatirent encore davantage au sol.
Le plus grand des deux routiers se gratta le crâne et dit quelque chose en espagnol. Cela ressemblait à une question. Et il avait prononcé le mot terroristas. L’autre se mit à rire et tendit le doigt vers le véhicule. Son collègue hocha la tête et dit encore quelque chose. Où il y avait le mot policia. Le plus petit des deux hommes cracha par terre.
— Policia ! Pah !
Après avoir encore échangé quelques propos, ils relevèrent la bécane et la poussèrent jusqu’à l’arrière du camion. Le grand chauffeur avait l’air beaucoup plus hésitant que son collègue qui forma allégrement la combinaison numérique pour ouvrir le hayon. David surveillait attentivement les mouvements de ses doigts.
