
Mézigue, pareil. Je me fais craquer la cervelle avant la grande décarrade. Une bouffée délirante, plouf ! que les miasmes m'évadent. Tu crois que j'aurais d'en tirer trois quatre coups de pétard avant, histoire de mobiliser l'attention ? Avertir du beau chambard qui va suivre ? Verser des arrhes sur l'action, somme toute. Ce serait plus correct, mieux loyal vis-à-vis de toi, si féalement mien. Une manière de te toucher la bite en te parlant, en gage de délices futures. T'assurer que, déconneur mais présent, Santantonio, avec toute sa rutilante panoplie homicidiaire que t'halèteras d'ici pas loin. T'auras des sécrétions d'adrénaline dans le guignol et des lichées de chiasse dans le calbute devant tant d'horreurs si horribles, promis, juré. Label de qualité, tu me connais ! Les grands produits, c'est les grands produits ; San-Antonio, le cacao Van Houten, les potes Lustucru, t'as vite fait le tour. Bon, je t'accorde encore Manufrance et les petits-beurre Lu, mais ensuite y a plus d'ensuite. Tu peux retirer l'échelle et en faire un râtelier pour ta vache.
L'histoire qui va suivre est sans précédent, si tu me permets cette délicate plaisanterie, exceptionnelle chez moi qui les taille au burin dans la gadoue, d'ordinaire.
Je te vas narrer une affaire é-pou-van-table, mon drôle. Laisse que je descende des premières lignes afin de te la détailler (et tu verras comme ce verbe du premier groupe convient admirablement). Seulement, l'épouvante ne joue à plein que si tu connais bien les personnages. Toujours la magiquerie fascinante de l'homme. On ne s'intéresse bien qu'à ce que l'on connaît bien. Tiens, exemple : en pornographie… Leur tort c'est de te montrer des gonzesses en plein débordement sexuel sans que tu les connaisses préalablement ni des lèvres, ni du prose. Elles viennent d'où cela ? Elles sont qui est-ce, ces polissonnes bouffeuses de chagattes, pompeuses de biroutes, acalifourcheuses de zobs ?