
«Je suis sûr que la défaillance dont ont été victimes Glaisher et, à un degré moindre, Coxwell quand en 1862 ils atteignirent en ballon l’altitude de dix mille mètres a été provoquée par la rapidité extrême avec laquelle s’accomplit une ascension perpendiculaire en ballon. Quand on monte selon un angle modéré et que l’on s’accoutume lentement à la diminution de la pression atmosphérique, on évite ce genre de troubles. Moi, à altitude égale, je me suis aperçu que, même sans mon inhalateur d’oxygène, je pouvais respirer sans malaise intolérable. Le froid devenait diablement vif, cependant, et mon thermomètre marquait -18° centigrades. À treize heures trente, j’étais presque à onze mille mètres au-dessus de la surface du globe et je continuais à grimper régulièrement. Toutefois l’air raréfié soutenait moins bien mes ailes, et mon angle d’ascension s’était considérablement réduit. J’ai compris que, même avec un appareil aussi léger et un moteur ultra-robuste, je ne tarderais pas à atteindre mon plafond. Comble de malchance: une bougie s’étant déréglée, mon moteur s’est mis à tousser.
