VALÉRIE. – Je commence à le croire: adieu donc! – Ah! plutôt venez, aimable et chère amie; venez avec nous, Virgilie: mettez votre gravité à la porte, et suivez-nous.


VIRGILIE. – Non, madame; non, en un mot. Je ne dois pas sortir. – Je vous souhaite beaucoup de plaisir.


VALÉRIE. – Eh bien donc!… Adieu.


(Elles sortent.)

SCÈNE IV

La scène se passe devant Corioles.

MARCIUS, TITUS LARTIUS entrent suivis d’officiers et de soldats, au son des tambours et avec bannières déployées. Un messager vient à eux.


MARCIUS. – Voici des nouvelles: je gage qu’ils en sont venus aux mains.


LARTIUS. – Je parie que non, mon cheval contre le vôtre.


MARCIUS. – J’accepte la gageure.


LARTIUS. – Je la tiendrai.


MARCIUS, au messager. – Dis-moi, notre général a-t-il joint l’ennemi?


LE MESSAGER. – Les deux armées sont en présence: mais elles ne se sont encore rien dit.


LARTIUS. – Ainsi votre superbe cheval est à moi.


MARCIUS. – Je vous l’achèterai.


LARTIUS. – Moi, je ne veux ni le vendre, ni le donner, mais je vous le prête pour cinquante ans. – Sommez la ville.


MARCIUS. – À quelle distance de nous sont les deux armées?


LE MESSAGER. – À un mille et demi.


MARCIUS. – Nous pourrons donc entendre leur alarme et eux la nôtre? – C’est dans ce moment, ô Mars, que je te conjure de hâter ici notre ouvrage, afin que nous puissions, avec nos épées fumantes, voler au secours de nos amis. – Allons, sonne de ta trompette!


(Le son de la trompette appelle les ennemis à une conférence. – Quelques sénateurs volsques paraissent sur les murs au milieu des soldats.)



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