
Sans débloquer la chaîne de sécurité, Langdon entrouvrit la porte. Un homme long et mince, en costume bleu marine, au visage pâle et fatigué, se profila dans l'embrasure.
— Puis-je entrer ? demanda le policier.
Langdon hésita, pendant que son interlocuteur l'observait attentivement.
— De quoi s'agit-il ?
— Mon supérieur souhaite faire appel à votre expertise sur une affaire confidentielle.
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— À cette heure-ci ?
— Si mes renseignements sont exacts, vous deviez rencontrer ce soir le conservateur en chef du Louvre...
Langdon se sentit mal à l'aise. Jacques Saunière devait en effet le retrouver pour prendre un verre après la conférence, mais il ne s'était pas présenté.
— En effet. Comment le savez-vous ?
— Nous avons trouvé votre nom dans son agenda.
— Il ne lui est rien arrivé, j'espère ?
Le policier poussa un long soupir et lui glissa par la porte entrouverte une photo polaroïd.
Langdon sentit son sang se glacer dans ses veines.
— Cette photo a été prise à l'intérieur du Louvre, il y a moins d'une heure, reprit Collet.
À la vue de cette sinistre image, l'effroi qui avait saisi Langdon fit place à de la colère.
— Qui a pu commettre une horreur pareille ?
— Nous espérons justement que vous nous aiderez à répondre à cette question. Par vos connaissances en matière de symboles, tout d'abord, mais aussi à cause de ce rendez-vous que vous aviez avec lui.
Incapable de détacher ses yeux de ce cliché abominable, Langdon sentit la peur s'insinuer en lui. Dans cette photo, l'insolite le disputait à l'atroce, avec une désagréable impression de déjà-vu. Un peu plus d'un an auparavant, à Rome, Langdon avait reçu la photo d'un cadavre, accompagnée d'une requête similaire. Le lendemain, lui-même avait failli mourir entre les murs du Vatican. Cette photo-ci était complètement différente et pourtant le scénario lui semblait étrangement familier.
