– C'est gai, dit Lucien.

– Madame a raison en tout point, continua le vieux. Il faut creuser. Gêné, Marc se leva.

– C'est mon oncle, dit-il, comme si cela pouvait atténuer son indiscrétion. Mon parrain, Armand Van-doosler. Il habite ici.

– Il aime à donner son avis sur tout, marmonna Lucien.

– Ça va, Lucien, dit Marc. Tu la boucles, c'était dans le contrat.

Vandoosler balaya l'air de la main avec un sourire.

– Ne t'énerve pas, dit-il, Lucien n'a pas tort. J'aime donner mon avis sur tout. Surtout quand j'ai raison. Lui aussi aime ça d'ailleurs. Même quand il se trompe. Marc, toujours debout, signalait du regard à son oncle qu'il valait mieux qu'il s'en aille et qu'il n'avait rien à foutre dans cette conversation.

– Non, dit Vandoosler en regardant Marc. J'ai mes raisons pour rester là.

Son regard s'arrêta sur Lucien, sur Mathias, sur Sophia Siméonidis, et revint à Marc.

– Mieux vaut leur dire les choses comme elles sont, Marc, dit-il en souriant.

– Ce n'est pas le moment. Tu m'emmerdes, dit Marc à voix basse.

– Avec toi, ce ne sera jamais le moment, dit Vandoosler.

– Parle toi-même puisque tu y tiens. C'est ta merde, ce n'est pas la mienne.

– La barbe! dit Lucien en agitant sa cuillère en bois. L'oncle de Marc est un vieux flic et puis c'est tout! On ne va pas y passer la nuit, si?

– Et comment sais-tu ça, toi? demanda Marc qui s'était retourné d'un bloc vers Lucien.

– Oh… quelques menues observations pendant que je refaisais les combles.

– Décidément, tout le monde fouine ici, dit Vandoosler.

– On n'est pas historien si on ne sait pas fouiner, dit Lucien en haussant les épaules.

Marc était exaspéré. Encore un foutu coup d'éner-vement. Sophia était attentive et calme, comme Mathias. Ils attendaient.

– Elle est belle, l'histoire contemporaine, dit Marc en hachant ses mots. Et qu'est-ce que tu as trouvé d'autre?



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