Les murs étaient ornés d‘immenses photos de lancements de fusées, de baptêmes de sous-marins, d‘installations de systèmes d‘interception, autant de prouesses qui ne pouvaient être célébrées qu‘à l‘intérieur de ces murs.

Aujourd‘hui, comme toujours, il semblait à Rachel que les vicissitudes du monde extérieur s‘estompaient. Elle entrait dans le monde des ombres. Un monde où les problèmes faisaient irruption comme des trains de marchandises lancés à pleine vitesse, et où les solutions étaient mises en œuvre sans arracher aux employés d‘autre réaction qu‘un vague soupir.

En s‘approchant du dernier poste de contrôle, Rachel se demanda ce qui avait bien pu faire sonner deux fois son pager au cours de la dernière demi-heure.

— Bonjour, mademoiselle Sexton.

Le garde sourit en la voyant approcher de la porte d‘acier.

— Vous connaissez la manœuvre, ajouta-t-il.

Rachel

saisit

l‘étui

de

plastique

transparent

hermétiquement scellé qu‘il lui tendait et en extirpa le petit tampon de coton. Puis elle le plaça sous sa langue comme un thermomètre, et l‘y laissa deux secondes avant de permettre au garde de le retirer lui-même en se penchant un peu. Le garde inséra le tampon dans un orifice de la machine qui se trouvait derrière lui. Il fallut quatre secondes pour confirmer la séquence ADN qu‘elle avait identifiée dans la salive de Rachel. Puis un moniteur se mit à clignoter, affichant la photo de Rachel et la procédure de sécurité. Le garde lui adressa un clin d‘œil.

— Apparemment, vous êtes toujours vous !

– 18 –

Il retira le tampon usagé de la machine et le jeta à travers une ouverture où il fut instantanément incinéré.



15 из 567