
La porte à glissière s‘ouvrit et deux hommes descendirent.
Vêtus de combinaisons blanches isolantes, le fusil à l‘épaule, ils s‘avancèrent vers Brophy d‘un pas décidé.
— Professeur Brophy ? fit l‘un d‘eux.
— Comment connaissez-vous mon nom ? s‘enquit le géologue stupéfait. Qui êtes-vous ?
— Prenez votre radio.
— Pardon ?
— Faites ce que je vous demande.
Totalement abasourdi, Brophy sortit sa radio de la poche de sa parka.
— Vous allez transmettre un message urgent. Baissez la fréquence à cent kilohertz.
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Cent kilohertz ? Il n‘en croyait pas ses oreilles. On ne reçoit rien à si basse fréquence.
— Il y a eu un accident ?
Le deuxième homme leva son arme et la pointa sur lui.
— Pas le temps d‘expliquer. Obéissez !
D‘une main tremblante, Brophy régla la fréquence de transmission.
Le premier inconnu lui tendit une fiche de carton, portant quelques lignes manuscrites.
— Transmettez ce message. Immédiatement.
Brophy parcourut le texte des yeux.
— Je ne comprends pas. Cette information est fausse. Je n‘ai pas...
L‘homme appuya le canon de son fusil contre sa tempe. Le géologue transmit le communiqué d‘une voix fébrile.
— Bien, dit le premier homme. Maintenant, montez dans l‘hélicoptère avec vos chiens et votre matériel.
Toujours maintenu en joue, Brophy força ses huskies à hisser le traîneau sur la rampe qui menait dans le fond de l‘appareil. Dès qu‘ils furent installés, l‘hélicoptère s‘arracha à la glace et se dirigea vers l‘ouest.
— Mais qui êtes-vous ? répéta Brophy, en sueur sous sa parka.
Il n‘obtint pas de réponse.
Ils prenaient de l‘altitude et le vent s‘engouffrait par la portière ouverte. Toujours attachés à leur traîneau chargé, les chiens poussaient des cris plaintifs.
