Tandis que le PaveHawk effectuait sa manœuvre et s‘arrêtait à côté de l‘avion présidentiel, Rachel comprit qu‘on qualifiât l’Air Force One de « palais mobile ». Il en imposait vraiment.

Quand il se rendait à l‘étranger, le Président demandait souvent, pour des raisons de sécurité, que l‘entretien avec le chef d‘État qu‘il rencontrait ait lieu à bord de son avion, sur une piste d‘aéroport. Si la sécurité était certainement l‘un des motifs de cette façon de procéder, il y en avait un autre, indéniable, à savoir l‘atout que lui offrait un tel décor pour ses négociations.

Une visite à bord de l‘ Air Force One était beaucoup plus intimidante que n‘importe quel voyage à la Maison Blanche. À

commencer par les lettres de deux mètres de haut qui claironnaient tout le long du fuselage United States of America.

Un ministre étranger, une femme, avait accusé le président Nixon de lui brandir sa virilité au visage un jour qu‘elle avait été conviée à le rencontrer à bord de l’Air Force One.

Par la suite, l‘équipage de l‘appareil avait, sur le mode de la plaisanterie, surnommé l‘avion « le braquemart ».

Un colosse du Secret Service présidentiel en blazer surgit devant le cockpit et ouvrit la portière de l‘appareil côté passager.

— Mademoiselle Sexton ? Le Président vous attend.

Rachel descendit de l‘hélicoptère et jeta un coup d‘œil vers l‘énorme 747. Un phallus volant, pensa-t-elle. Elle avait entendu dire que ce bureau mobile ne comptait pas moins de mille deux cents mètres carrés de superficie intérieure et comprenait quatre suites privées séparées, que ses compartiments couchettes pouvaient accueillir pas moins de vingt-six membres d‘équipage, sans parler des deux cuisines capables de nourrir une centaine de personnes.



28 из 567