L’un des flics descend en voltige, les deux autres mettent les gaz dans la direction que je leur indique.

— Qu’est-ce que c’est que ce travail ? interroge le bourdille.

En guise de réponse, je lui installe mon insigne sous le nez. Il rectifie la position.

— Vous êtes blessé, monsieur le commissaire ?

Intentionnellement, je conserve mon bras gauche pendant.

— Une simple égratignure au bras ; par exemple, mon camarade est touché sérieusement, ce salaud-là était planqué derrière des caisses et il lui a tiré en pleine face. Alertez une ambulance…

Nous pénétrons, le flic et moi, dans le hangar. Nous identifions le cadavre de Wolf, le revolver de « l’assassin », et, après quelques investigations, sous les yeux du matuche, je découvre des documents dans le vieux fourneau.

— C’est bien ce que nous cherchions, dis-je : les plans sont là ! Si jamais on pince cette ordure…

L’agent est tout regonflé de participer, même d’une façon toute contemplative, à une affaire d’espionnage. Il va raconter ça à sa femme, à son cousin Ernest, au petit garçon de sa concierge… Et c’est justement ce que je veux. Je lui laisse le soin d’embellir l’histoire. Ainsi, lorsque les types qui corrompaient Wolf voudront se rencarder sur les circonstances de sa mort, ils auront un de ces romans-feuilletons comme on n’en publie plus ! Un truc à faire rêver les marchandes des quatre-saisons !

L’ambulance radine. Puis les flics, des flics… On charge le cadavre de Wolf dans la cage à bidoche ; à ce moment-là je fais mine de défaillir et on m’y embarque aussi. Je préfère laisser aux autres le soin de rédiger les rapports officiels.

Une fois dans l’ambulance, sous les yeux de l’infirmier ahuri, je me mets en devoir de fouiller les fringues de mon ex-collègue. A part ses papiers, son fric, ses clés et son pétard, je ne trouve d’intéressant qu’un télégramme.



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