
— Parfait, c’est tout ?
— C’est tout…
— Quand pensez-vous… intervenir ?
— J’attends la nuit ; c’est mieux, n’est-ce pas ?
— Je crois, en effet…
Nous raccrochons simultanément.
CHAPITRE III
PRISE DE CONGÉ
A cinq heures du soir, le crépuscule emplit les rues. Y a des lumières, de la buée sur les vitres, des gens frileux…
Le moment est venu d’agir.
Je téléphone au brigadier Pochard pour lui demander un homme. Je raccroche et je vais user un quart d’heure au zinc du troquet en vidant des rhums-limonade.
Lorsque la grosse aiguille de ma breloque a grignoté ses quinze minutes, je retourne à la cabine.
— Allô, le brigadier Pochard ?
— Oui.
— Ici San-Antonio. Dites voir, vieux, je suis sur un coup d’exportation clandestine tout ce qu’il y a de louche ; j’aimerais explorer un certain entrepôt à Clichy. Seulement le coin ne me paraît pas des plus catholiques et je voudrais avoir un peu de renfort.
J’entends Pochard dire :
— Du renfort ?
— Oui.
— Il vous faudrait combien d’hommes ?
— Oh ! un seul suffirait.
— Un seul… Qui pourrais-je bien vous envoyer ?
Il paraît perplexe…
— Grignard ? je suggère, sachant pertinemment que Grignard est à Londres depuis deux jours.
— Grignard n’est pas là, fait-il. Mission… Attendez une seconde…
Il parle à un interlocuteur qui doit être Wolf. Je l’entends lui demander :
