— Qu’est-ce que vous faites en ce moment ?

Un vague bruit, indistinct…

— Vous êtes aux dossiers ? Bon, vous pouvez donner un petit coup de main au commissaire San-Antonio ?

Et à moi :

— J’ai là Wolf, je vais vous l’envoyer. Où doit-il vous rejoindre ?

Je donne l’adresse du bistrot où je suis.

— Parfait, il y sera dans une vingtaine de minutes. Tenez-moi au courant, si vous avez encore besoin d’hommes, j’alerterai ceux d’en bas.

— Salut !

Tout se passe comme prévu. J’ai le palpitant qui s’agite plus que de coutume. Ça me tracasse de dessouder un pote. Si le chef n’était pas aussi formel, je préférerais cloquer ma démission. Ce qui m’écœure le plus, c’est toute cette mise en scène. Enfin, quoi, quand on a choisi le métier que je fais, il ne faut pas s’attendre à broder des napperons derrière une tasse de thé.

Pour me donner du mordant, je me vote des crédits spéciaux afin de m’offrir quelques alcools de choix.

Je suis en train de licher mon septième petit verre lorsque Wolf fait son entrée.

Il vient à moi.

— Alors, qu’est-ce qui ne tourne pas rond ?

— Tu connais Nez-Creux ? je lui demande…

Il réfléchit.

— Ça me dit quelque chose… Nez-Creux… Attends, c’est pas l’ancien jockey ?

— Si. Ce type-là trafique avec je sais pas qui… Il va souvent en Belgique et mon petit doigt me dit qu’il goupille des trucs louches. Ça fait un bon bout de temps que je l’ai à l’œil. Y a des drôles de mecs qui vont chez lui. J’ai décidé de faire une petite descente dans son cagibi, m’est avis que ça doit payer. Seulement, on pourrait p’t-être tomber sur un os, alors à deux on voit mieux venir. Tu prends quelque chose ?

Il secoue la tête.

— Pas soif.

Je règle mes consos et nous larguons les voiles.


La porte du hangar est fermée…

Heureusement j’ai mon petit sésame. J’ai deux mots d’explication avec la vieille serrure et la lourde n’offre pas plus de résistance que si c’était du brouillard.



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