
On se tut comme un 4x4 approchait. C’était un Toyota flambant neuf qui semblait tout droit sorti de son stand d’exposition. Couleur foncée. Immatriculation provisoire. Antenne supplémentaire pour téléphone cellulaire. Le 4x4 ralentit à hauteur de la maison de style Cap Cod et s’engagea dans l’allée. Le chauffeur descendit et marcha jusqu’à la porte d’entrée. Il était dos à nous et l’éclairage était faible.
— Qu’en penses-tu ? demanda Ranger. Tu crois que c’est Mancuso ?
Je ne pouvais pas en être certaine d’aussi loin. La taille et la corpulence correspondaient. Mancuso, vingt et un ans, un mètre quatre-vingt-deux, quatre-vingt-cinq kilos, brun, avait fini son service militaire quatre mois plus tôt et était en pleine forme physique. J’avais plusieurs photos de lui venant du dossier de caution, mais elles ne m’étaient d’aucune utilité en la circonstance.
— Ça pourrait être lui, dis-je, mais je ne peux en être sûre tant que je n’ai pas vu son visage.
La porte de la maison s’ouvrit et l’homme s’engouffra à l’intérieur. La porte se referma.
— On pourrait aller frapper et demander poliment si c’est bien lui, suggéra Ranger.
J’acquiesçai.
— Ça pourrait marcher.
On se leva et on ajusta nos ceinturons.
Je portais un jean noir, un pull ras du cou assorti, un gilet pare-balles bleu marine, et des boots rouges. J’avais noué mes cheveux bruns mi-longs en queue de cheval, et les avais dissimulés sous une casquette de base-ball bleu marine. Mon calibre 38 Smith & Wesson « Chiefs Spécial » à cinq coups était dans son étui de nylon noir, à ma taille, de même qu’une paire de menottes. Une bombe lacrymogène était coincée dans mon dos, sous mon ceinturon.
On traversa la pelouse, et Ranger frappa à la porte de la maison avec une torche électrique de cinquante centimètres de long et vingt de diamètre. Elle éclairait très bien et, disait Ranger, était idéale pour amocher salement n’importe quelle petite gueule.
