
Tu les magines, comme ça, tripotés, feuilletés, cornés ? Merde, j’en frissonne. Bon, mais je t’en reviens vite, Lecteur plein de componction et d’hémorroïdes, à la majesté de notre agence. Si disagne, comme on dit en français moderne. Alléchante.
Voilà.
Mais le gibier venait pas se piéger à nos mirifiques collets. Tu sais pourquoi ? Dans la publicité, partout, il était expressément déclaré qu’on ne s’occupait pas des affaires de cul. Cornards prohibited. L’œil du bidet ? Jamais de la life ! La savonnette à poils ? Pas notre zob ! L’hôtel de la tringlette ? On voulait pas connaître. On était pour la toute grande besogne. Les bigs affures enchevêtrées. Les gros délits ternationaux. Espionnage industriel. Morts suspectes. Or, pour les mœurs françaises, dans une agence de rousse privée, si tu refuses le cocu, tu te condamnes à l’inaction. Et c’est pas parce que t’as un pignon sur l’avenue des Champs-Elysées que ça y change quoi que ce soit.
Des jours…
On s’est mis à ravager du moral. A se branler couennes et roustons. A s’ennuyer de l’uniforme ôté. Que c’en devenait plus tenable, de tous nous retrouver dans nos 360 mètres carrés d’agency, avec nos téléphones internes, nos écrans de téloche secrets, notre labo miniature, nos archives électroniques et toutim. Un bigntz fou, pour ballepeau ! Mise de fond tentaculaire, monstres frais généraux. Tout ça pour inscrire mes couilles au tableau d’affichage ! Merci bien, m’sieur Jules ! On sombrait dans les morosités. Pinaud recommençait à ne plus se raser. Béru introduisait du beaujolpif en fraude dans son bureau malgré la très formelle interdisance.
