« Mais, cette douleur… », dit Paul.

« Cette douleur ! Un humain est capable de dominer chacun des nerfs de son corps ! »

Il eut mal à la main gauche, ouvrit ses doigts et découvrit quatre marques sanglantes sur sa paume. Il laissa retomber son bras et regarda la vieille femme.

« Vous avez déjà fait cela à ma mère ? »

« As-tu jamais tamisé du sable ? »

La question était tangente et mordante : son esprit gagna un niveau supérieur d’appréhension. Tamiser le sable. Il acquiesça.

« Nous, Bene Gesserit, tamisons les gens pour découvrir les humains », dit la vieille femme.

Il éleva alors sa main droite devant ses yeux, essayant de retrouver le souvenir de la souffrance.

« Et c’est tout ?… De la souffrance. C’est tout ?… »

« Je t’ai observé, mon garçon. La souffrance n’est que l’axe de l’épreuve. Ta mère t’a enseigné la façon dont nous observons. J’ai vu les signes de cet enseignement en toi. C’est là toute notre épreuve : crise et observation. »

Sa voix même portait la confirmation de ses paroles et Paul dit : « C’est vrai. »

Elle le regarda. Il perçoit la vérité ! Se pourrait-il qu’il soit celui-là Vraiment ?… Puis elle songea : L’espérance ternit l’observation, et elle étouffa l’excitation qu’elle ressentait.

« Tu sais lorsque les gens croient ce qu’ils disent. »

« Je le sais. »

Dans la voix de Paul, il y avait les harmoniques de ses capacités ; elle les perçut et dit : « Peut-être es-tu le Kwisatz Haderach. Assieds-toi, petit frère, là, à mes pieds. »

« Je préfère demeurer debout. »

« Ta mère s’est assise là, autrefois. »

« Je ne suis pas ma mère. »

« Tu me détestes un peu, n’est-ce pas ? » Elle regarda vers la porte et appela : « Jessica ! »

La porte s’ouvrit. Jessica apparut sur le seuil. Le regard de ses yeux était dur. Il s’attendrit en voyant Paul. Elle parvint à sourire faiblement.



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