
« Silence ! »
La douleur s’élança dans son bras. La sueur perla sur son front. Chaque fibre de son corps lui commandait de retirer sa main de ce puits de feu. Mais le gom jabbar était là. Sans tourner la tête, Paul devinait la terrible aiguille qui veillait près de son cou. Il se rendit compte qu’il respirait convulsivement et tenta de se maîtriser, mais sans y parvenir.
Souffrance ! Le monde devint vide. Il n’y eut plus que sa main, seule, noyée dans la souffrance, et ce visage ancien, à quelques centimètres.
Ses lèvres étaient sèches, soudées. Brûlure ! Brûlure ! Il avait l’impression de sentir sa peau se craqueler. Sa chair griller jusqu’à laisser apparaître les os. Puis : plus rien !
La souffrance avait cessé, comme si l’on avait appuyé sur un bouton.
Il vit que son bras droit tremblait convulsivement. Et la sueur continuait de ruisseler par tout son corps.
« Ca suffit, dit la vieille femme. Kull Wahad ! Jamais nul enfant, né d’une femme n’a enduré autant ! C’est comme si j’avais voulu te voir échouer. (Elle se recula, éloigna le gom jabbard de son cou.) Ote ta main de cette boîte, jeune humain, et regarde-la ! » Il lutta pour réprimer un frisson douloureux et ses yeux se fixèrent sur le trou obscur où sa main était encore plongée, comme si elle se refusait à tout mouvement, comme si le souvenir de la souffrance la paralysait. Toute sa raison soufflait à Paul qu’il allait retirer un moignon noirci de cette boîte.
« Ote-la ! »
Il obéit. Il regarda sa main, stupéfait. Il ne vit pas une marque, pas la moindre trace de la douleur qu’avait éprouvée sa chair. Il éleva sa main devant lui, la fit tourner, plia les doigts.
« Douleur par induction nerveuse, dit la vieille femme. Elle ne peut venir à bout des humains potentiels. Certains donneraient gros pour connaître le secret de cette boîte. » Elle prit le cube de métal et l’enfouit dans les plis de sa robe.
