
« Mais ma mère m’a appris que nombre de Bene Gesserit de l’école ignorent tout de leur lignée ». dit-il.
« Nous détenons toute l’historique génétique. Ta mère sait ainsi qu’elle est de descendance Bene Gesserit ou que sa lignée, du moins, a été jugée acceptable. »
« Alors pourquoi ignore-t-elle qui étaient ses parents ? »
« Certains le savent… d’autres l’ignorent. Il se peut, par exemple, que nous souhaitions un accouplement avec un proche parent afin de rendre dominante quelque caractéristique génétique. Nos raisons sont multiples. »
A nouveau, il perçut l’offense à son instinct de rectitude. « Vous décidez beaucoup par vous-mêmes », dit-il.
La Révérende Mère le regarda en silence, songeant : Est-ce bien une critique que j’ai perçue dans ses paroles ?
« Notre fardeau est lourd », dit-elle.
Les effets de l’épreuve s’estompaient de plus en plus rapidement. il affronta calmement le regard ancien.
« Vous dites que je suis peut-être le … Kwisatz Haderach. Qu’est-ce donc là ? Un gom jabbar humain ? »
« Paul ! intervint sa mère. Tu de dois pas employer ce ton avec… »
« Laisse, Jessica, dit la Révérende Mère. Mon garçon… connais-tu la drogue de la Diseuse de Vérité ? »
« C’est ce que vous prenez afin de mieux déceler ce qui est faux. Ma mère me l’a appris. »
« Et as-tu jamais assisté à la transe de vérité ? »
Il secoua la tête. « Non »
« La drogue est dangereuse, mais elle donne un pouvoir véritable. Par elle, une Diseuse de Vérité peut visiter bien des lieux dans sa mémoire… dans la mémoire de son corps. Elle peut se pencher sur maintes avenues du passé… mais seulement sur des avenues féminines. (La vois de la vieille femme se chargea d’une note de tristesse.) Pourtant, il est un lieu que nulle Diseuse ne peut visiter. Un lieu qui nous repousse, nous terrifie. Mais il est dit qu’un homme viendra un jour qui, avec la grâce de la drogue, verra avec son œil intérieur, qu’il verra, comme aucune d’entre nous n’a pu le faire, dans tous les passés, masculins et féminins.
