« Votre Kwisatz Haderach ? »

« Oui, celui qui peut être en plusieurs endroits en même temps. Le Kwisatz Haderach. Bien des hommes ont essayé la drogue… Bien des hommes. Aucun n’a jamais réussi.

« Ils ont essayé et ils ont échoué ? Tous ? »

« Oh non ! (Elle secoua la tete.) Ils ont essayé et ils sont morts. »

Tenter de comprendre Muad’Dib sans comprendre ses ennemis mortels, les Harkonnens, c’est tenter de voir la Vérité sans connaître le Mensonge. C’est tenter de voir la Lumière sans connaître les Ténèbres. Cela ne peut-être.

(extrait du Manuel de Muad’Dib par la Princesse Irulan)

C’était un monde, un globe sculpté partagé d’ombres qui tournait sous l’impulsion d’une main grasse chargée de bagues scintillantes. Il reposait sur un support changeant, contre un mur, dans une pièce dépourvue de fenêtres dont les autres murs offraient au regard une mosaïque multicolore de films, de bobines, de rubans et de rouleaux de parchemin. La lumière émanait de sphères dorées qui flottaient dans des champs mobiles de suspension gravifique.

Au centre de la pièce, se dressait un bureau de forme elliptique, revêtu de bois d’ellaca pétrfié, rose jade. Des chaises vériformes à suspenseurs avaient été placées autour. Deux personnages étaient assis. Le premier était un jeune homme aux cheveux sombres qui devait avoir seize ans. Son visage était rond, ses yeux tristes. Le second personnage était petit, gracile, et ses traits étaient efféminés.



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